Prisonnière de son cœur - Prologue

(Crédits : ?)


Le souffle froid de la nuit faisait frissonner sa future victime, marquant la fin d'un court été indien. La jeune fille venait de quitter la librairie de son quartier dans laquelle elle travaillait. Au loin sur la grande place, l'horloge de Shadight affichait vingt-deux heures. Tapi dans l'ombre d'une ruelle parallèle, le criminel observait la silhouette de cette innocente personne. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'il la suivait. Elle allait à l'université, travaillait certains soirs, y compris le samedi afin de payer ses études. Elle rentrait tardivement comme à son habitude pour retrouver le confort de son pittoresque appartement, et semblait heureuse. Mais son regard vague sur le chemin du retour et les quelques larmes qu'elles versaient secrètement au détour d'une rue ne le trompait pas. La solitude était l'ennemi de cette fille. Une enfant qui a grandi sans famille et qui gardait l'espoir d'une vie meilleure. L'espoir. Ironie futile. La mort semblait être son seul destin. Elle, qui dégageait pourtant tellement de lumière.

Il soupira. Le moment était venu. Doucement, assurément, il ôta l'arme de son blouson et la pointa en direction de sa proie. Celle-ci se retourna un bref laps de temps, assez pour que le criminel distingue son regard agité. Sa main se crispa, une étrange et inhabituelle hésitation s'empara de lui. La jeune fille quitta subitement son champ de vision. Sans réfléchir, il se précipita, courant à travers la ville déserte. La jeune fille pressa le pas sous la lumière lugubre diffusée par un réverbère. C'est là qu'il la rattrapa. Le criminel enfila rapidement deux gants de cuir noir et plaqua l'une de ses mains contre la bouche de sa victime, tandis que l'autre saisit sa taille. Prise par surprise, cette dernière essaya désespérément de crier et se débattit de toutes ses forces. Ses yeux étaient terrifiés, elle se mit à pleurer. Pour calmer ses gémissements, le criminel lui murmura au creux de l'oreille :

— Chut. Tais-toi et je ne te ferais aucun mal.

Sur ces mots, il la bâillonna de force et lui banda les yeux avant de la jeter dans sa voiture, garée à l'angle de la rue. Il démarra rapidement. Le souffle saccadé de sa frêle captive le mit soudain dans l'angoisse de ses actes. Pourquoi ne l'avait-il pas tuée ? Qu'allait-il faire d'elle ? Il s'arrêta dans une rue sombre, retira son bâillon et la fixa silencieusement.

— Qui êtes-vous ?! Relâchez-moi ! Je veux sortir de cette voiture ! hurla l'innocente.
— Je suis un tueur à gages, répondit-il simplement d'une voix dénuée de tout sentiment. J'ai été chargé de te tuer.
— Me tuer ?! Vous êtes fous, libérez-moi tout de suite !

Le tueur eut un rire cynique. La jeune fille ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait. Elle crut d'abord à une mauvaise blague, se mit ensuite à espérer vivre un cauchemar éveillé puis enfin, se sentit perdue sous le poids de cette délirante réalité qui s'abattait sur elle sans crier gare.

— Ça n'a pas de sens... balbutia-t-elle égarée. Qui pourrait bien vouloir ma mort ?
— Je me contente de remplir mes contrats, dit le criminel en guise de réponse. Et je n'ai que trop attendu pour celui-ci.

À ses mots, une frayeur sans nom serra le cœur de la jeune fille et intensifia ses battements. Elle était seule, enfermée dans la voiture de cet homme dangereux et armé, dont le visage était masqué par l'obscurité. Il allait la tuer. Dans un espoir vain, la jeune fille se réduit à implorer pour sa vie.

— Je vous en prie ! protesta-t-elle larmoyante. Je ferai ce que vous voulez, mais laissez-moi vivre. La vie ne peut pas être qu'un jeu pour vous ?!
— La vie est un simple échiquier et le destin notre roi. Moi, je ne suis qu'un pion et mon pion a été chargé de te faire tomber. Cependant, il se peut qu'un pion se retourne contre son roi. Et j'ai dans l'idée que tu n'es pas qu'une simple gamine. Tu feras tout ce que je veux ? Dans ce cas, accepte de rester avec moi et tu auras la vie sauve. Perds ta liberté pour garder ta vie ou bien... je te tuerais tout de suite.

Cette proposition la saisit de stupeur. Perdre sa liberté n'équivaut-il pas à perdre sa vie ? Mais si elle choisit la liberté, elle restera vivante. La mort peut attendre. Le temps lui permettra peut-être de trouver une échappatoire. Si elle meurt maintenant tout sera fini. Néanmoins, qu'est-ce que cet homme risque-t-il de lui faire subir si elle accepte ? Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle sentait la peur l'envahir tel un feu ardent. Elle ne voulait pas mourir. Prise de panique et d'effroi, la jeune fille répondit :

— Alors... montrez-moi votre visage. Si je meurs, je peux au moins savoir qui m'ôtera la vie. Et si j'accepte votre pacte, laissez-moi voir le visage de celui dont je deviendrais la prisonnière.
Un temps de réflexion, puis le tueur alluma une petite lampe de bord et posa sa main contre la joue de sa victime. Celle-ci eut un sursaut et se pétrifia de peur.

— Soit.

Le criminel arracha le bandeau des yeux de la jeune fille et son visage fut révélé à la lumière. Elle ouvrit de grands yeux, surpris. Il n'avait rien d'un dangereux psychopathe. C'était un jeune homme. Son visage, pâle, était encadré par de fins cheveux noirs. Ses yeux sombres possédaient une expression mystérieuse, troublante. Son personnage tout entier dégageait une étrange froideur qui accentua sa peur. Or, son physique avantageux ne pouvait pas la laisser indifférente. Ou plutôt, non, ce n'était pas ça. Il y avait autre chose. Une attirance inexplicable. Brusquement dégoûtée par ses pensées, elle se reprit mentalement. Soudain, un cliquetis se fit entendre.

— Quelle est ta réponse ? demanda le criminel en pointant sur elle un pistolet.
— Je...

Ses pensées devinrent confuses, sa respiration s'accéléra, une goutte de sueur coula le long de ses tempes. La jeune fille avait fait son choix, peut-être sans en saisir tous les enjeux. Guidée par son seul instinct de survie, elle murmura les mots qui allaient bouleverser deux vies.

— J'accepte votre pacte. Pour préserver ma vie, je vous donne ma liberté.

Le ténébreux tueur sortit alors de son blouson un mouchoir blanc et le colla contre le nez de sa prisonnière. Elle n'eut pas le temps de crier, car celle-ci plongea dès l'instant dans des rêves euphoriques sous l'effet d'un puissant soporifique.

Mon commentaire : Qui sont les personnages ?
Quelle est la véritable raison de ce pacte ?
Les réponses dans la suite de l’histoire.

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4 commentaires:

  1. Vraiment j adore elle genial franchement pourrait tu me prevenir je trouve le style d ecriture superbe le texte est original tout comme l histoire bravo ;)

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  2. Coucou ! Merci pour ton commentaire, ça me fait trop plaisir. :D Pour être prévenue des news du blog (et donc aussi de la suite) tu peux mettre ton adresse mail dans la rubrique "Abonnez-vous gratuitement au blog !" à droite et cliquer sur Submit. Tu seras ainsi prévenue automatiquement. ^^

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  3. J'ai adoré! Ton histoire me semble vraiment bien, et ça change des histoires de magie et des fanfictions de mangas! Bref, en un mot: j'adore. (même si y'en a 2 XD)

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  4. Je viens de lire ton histoire, elle ma vraiment plus et j’attends avec impatience la suite et si nous pouvions avoir un texte cour sur hordes.

    Jetaimefreyia

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